-PERSONNIFACTION-

RÉVÉLER

Personnifier, c’est incarner un symbole. Dans mon travail d’image en mouvement, je joue ou donne à jouer des rôles qui sont reconnaissables par leurs aspects stéréotypés de la société, en les tournant en ridicule. Exemple : Campagne fictive1, à l’élection de l’association étudiante, Le conseiller en relation publique2, etc.  Mes acteurs ont des rôles exemplaires aussi bien par leurs qualités que leurs défauts. Le jeu avec mes acteurs et le mien sont jubilatoires, car ils ont un lien direct avec l’image qu’ils renvoient d’eux, dans leurs rôles. La frontière est encore une fois fine, c’est ce défi que je souhaite relever au travers des personnages fictifs, créant une distanciation avec le réel, incarnant donc la symbolique de la société brutale, de ses absurdités et des faux semblants du monde montré avec humour noir et dérision.

Mon travail d’image fixe s’articule sur le dévoilement de l’individu par le corps nu. Il n’y a plus de rôle sociétal à proprement parlé, il n’y a que corps. À travers ce travail, il y a l’envie de rendre un corps beau, le mettre en scène, en lumière. Car l’existence humaine n’est pas rien, elle est force, présence et incarne la temporalité. Le dictionnaire Gaffiot nous renseigne sur le verbe latin exsisto (existo) qui a deux significations principales. Sens 1 : sortir de, s'élever de, et par dérivation, naître de. Sens 2 : se dresser, se manifester, se montrer.

 

La personnification est donc l’idée d’exister, de s’élever, de se montrer, de se mettre à nu, de révéler ce qui est caché, dissimulé. Elle est la clé de voute de mes deux principales pratiques (photos, vidéos). 

 

Révéler un individu c’est pour moi rendre un corps charismatique, beau, palpable et irréel. C’est jouer avec la notion de « corps-objet3 », c’est-à-dire, le corps devient volume, matière et objet modulable. Le mémoire de Karen Fauri, nous en dit plus :

 

 

Le corps devient monumental et universel, il véhicule alors des messages symboliques de la vie humaine. C’est-à-dire, que sont simple langage corporel possède son propre discours. Mes corps sont nus sans artifice, sans signe distinctif (tatouage et piercing), mais toujours placés dans des lieux incongrus.

Je souhaite créer une distanciation « mystique » dans la fabrication de l’image, tout en invitant, tout de même, le spectateur à la contemplation sous les forces sous-jacente, d’un corps énergique et dynamique, dû à un travail de mise en scène.

« Le corps-objet est un outil modulable avec une forte dimension symbolique, nous nous identifions à lui en un seul instant. Le corps nu […] ne porte pas de symboles sociaux tels que des bijoux ou des vêtements qui pourraient le distinguer par le statut social. Le corps nu est la métaphore de l’Humain. Dans les images de corps-objet, les corps sont souvent chorégraphiés, on peut ainsi faire directement un parallèle avec la danse, qui est également un langage du corps pour faire passer des opinions politiques. De plus, certaines positions sont symboliques et font de suite écho à notre culture commune, par exemple un corps roulé en fœtus..4 »

CORPS MONUMENTAL

Je rejoins les propos du metteur en scène Adolphe Appia. En effet, la mise en scène du corps se fait par « la lumière, l’espace et le corps humain comme des éléments malléables qui peuvent être unifiés, et permet de créer une mise en scène unifiée.5 »

Cette unification est testée par un travail réalisé en extérieur et intérieur (couleur naturelle) et une fois en studio.

D’après des retours, mes photographies montreraient majoritairement des corps tirés d’un archétype esthétique classique (néo-classicisme), du corps jeune, beau et vigoureux que l’on peut retrouver dans l’imaginaire des doctrines fasciste et nazies du XXe siècle. Je rassure mon lecteur, je ne cherche pas à véhiculer de telles idées rétrogrades. Cependant, j’ai de l’admiration pour la fabrication des images de propagande, notamment celles de l’URSS.

 

À travers les photographies, vidéos, affiches, je sublime celui que je mets en lumière. J’enjolive le modèle, en montrant symboliquement son corps essayant de révéler les faux semblants pour en faire des corps « exemplaires », monumentaux, comme témoignage de l’existence humaine.

BIBLIOGRAPHIE // PERSONNIFICATION

Articles :

5« Adolphe Appia ». In Wikipédia, 26 décembre 2019. https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Adolphe_Appia&oldid=165718025.

 

3-4Faurie, Karen. « Le corps comme objet en photographie contemporaine : Interaction entre le corps-objet et son environnement. » Édité par École Nationale Supérieure Louis Lumière. Mémoire de Master 2, 2016, 130.

 

Vidéos :

1Wilfried Rion, Qui est vraiment Bruno Chalifour ? 2020, projet d’affiches et vidéos, https://youtu.be/VwRaoQmMWbc

 

2Wilfried Rion, Le Conseillé en relation publique, court-métrage en préparation.

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