SENS

Le détournement est un moyen de répondre aux problématiques du monde.

En effet, le détournement est l’appropriation d’une œuvre, d’un fait de société, d’objets qui existent entre autres. Le détournement est l’action de tourner quelque chose dans une autre direction : « Pour un artiste, détourner un objet, ou une image, c’est l’exploiter pour une toute autre chose que celle pour laquelle cet objet, ou cette image, a été conçu, c’est changer son sens, sa fonction [...] ces objets et ces images sont alors à la fois liés à notre monde pratique et quotidien et au champ de l’art ; d’un côté leur fonction est pratique, de l’autre poétique, symbolique, esthétique...1 »

Il permet de faire réagir le spectateur, en interrogeant la forme initiale.

Le détournement dans mon travail s’articule surtout sur la symbolique de l’Homme politique et sa force manipulatrice exercée auprès du citoyen par l’endoctrinement. Ce travail s’exprime par une appropriation des codes de communication et d’affichage. Je vais même jusqu’à imaginer imiter l’homme politique, en tant qu’artiste-politique.

 

Pourquoi ?

Détourner, c’est se permettre de ne pas prendre au sérieux les consignes « officielles ». C’est se dire que tout est possible, le détournement laisse la liberté de création se développer. Détourner, c’est donner du pouvoir à un idéal ou une idée, plus ou moins subtile, et se permettre de l’autocritiquer.

La critique « implique des suites de grande importance, dans un sens favorable ou défavorable2 ». J’ai pu le constater, en affichant mes visuels du projet : Qui est vraiment Bruno Chalifour ?3 En effet, le rôle que je représentais n’était pas du goût de tout le monde. Mes affiches ont été décrochées en moins d’une semaine par un.e contestataire-trices masqué.e. Agissant dans l’ombre, sans dialogue.

Dans mes projets détournés, il y a une volonté de dévoiler, de mettre en lumière. Prendre le risque de se mettre à nu, et de s’exposer par une forme quelconque de diffusion conventionnelle, admise socialement. C’est-à-dire en reprenant les codes d’un passeport4, une campagne fictive d’affichage présidentielle étudiante et son reportage « Qui est vraiment Burno Chalifour ?3 » diffusé sur internet.


 

Je pense au travail de l’artiste français Benedetto Bufalino avec le texte de Paul Ardenne : « L’artiste tel que Benedetto Bufalino en incarne le modèle à la fois humble et exubérant, pour sa part, se donne pour mission de modifier l’ordre des choses. Une mission d’office plus raisonnable, à mi-chemin entre la soumission et le refus.»

Bufalino, utilise des objets du quotidien dits « pauvres » et en fait sur le ton de l’humour, une « utopie de proximité.5»

Il m’inspire et me motive, car il laisse une trace sur le territoire où il opère. Il ne s’interdit rien et son travail de l’espace urbain est ainsi remis en question, critiqué de manière constructive par l’échange des gens à proximité. Il ne laisse pas indifférent, il percute l’ordinaire.

BIBLIOGRAPHIE // DÉTOURNEMENT

Articles :

1Document du collège Albert https://www.acamus.net/pdfcamus/pdf/13_dAtournement_appropriation.pdf

 

2« CRITIQUE : Définition de CRITIQUE ». Consulté le 4 mai 2020. https://www.cnrtl.fr/definition/critique.

6Texte de Paul Ardenne sur Benedetto Bufalino, https://www.benedettobufalino.com/benedettobufalinotextes.pdf

5Extrait de L'art modeste de Benedetto Bufalino. "FAIRE SIMPLE", Frédéric Bellay, 2013

« Benedetto BUFALINO | www.cnap.fr ». Consulté le 4 mai 2020. https://www.cnap.fr/benedetto-bufalino.

 

Vidéos :

3Wilfried Rion, Qui est vraiment Bruno Chalifour ? 2020, projet d’affiches et vidéos, https://youtu.be/VwRaoQmMWbc

 

4Wilfried Rion « Corpus 2 – Passeport », 5 editions, Esal-Épinal, 2019

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